Jeudi 9 octobre 2008

Moi, Honnoré de Sinski, malsaint de corps et d'esprit, je ne jure rien du tout devant Dieu, mais promet de vous dire la vérité. Je vous ais raconté comment, en rêve, j'ai rencontré Vautrin, l'ancien de la cour des miracles devenu chef de la sureté, personnage de Balzac. Je voudrais cette fois ci m'adresser à vous au sujet de la question du bien et du mal.

 

Lorsque j'avais une trentaine d'année, j'ai fait la connaissance d'une jeune femme. C'était une petite brune qui faisait des études de criminologie et qui venait terminer sagement sa journée dans le bistrot où j'avais quelques habitudes.

Je la voyait, depuis le comptoir, s'assoir à la table du fond et poser ses classeurs sur le bord gauche. Souvent je jetais un oeil pour l'osbserver. J'admirais sa chevelure qui tombait gracieusement sur ses épaules, puis mon regard déscendait sur sa poitrine où deux petites dunes perçaient sous son pul de laine. Je remontais et je voyais deux grands yeux bleus.

Un jour que je fixais ses yeux, elle tourna son regard vers moi. Elle me sourit aussi je lui rendis la pareille. Avant qu'elle ne décroche son regard, je m'approchait d'elle et je lui demandais si je pouvais lui tenir compagnie. Elle rembala ses classeurs et m'invita à m'assoir. Je me présentais et lui suggérais de le faire à son tour. Elle s'appelait Patricia, elle était étudiante, comme je vous l'ais déjà dit. Elle venait donc là pour étudier ses cours.

 

Vous vous demandez très certainement quel rapport peut-il bien y avoir entre cette rencontre et le bien, le mal, la morale. A ce stade beaucoup trouverons que tout cela est bien loin d'être digne du marquis de Sade. Ce qui est bien vrai car si je suis malsain, je ne crois pas être Sadique avec les femmes. Mais d'autres personnes trouverons que ma description, anodine au deumeurant, relève de l'immoralité. Pourtant qu'y a-t-il d'immoral dans tout ça ?

 

Quelques jour plus tard, je la renontrais à nouveau dans un parc où elle était venu pour se reposer. Je ne l'ai pas vu le premier, c'est elle qui s'est approchée de moi. Nous nous sommes salués et avons été nous assoir sur un petit rebord. Je sentais son parfum agréable. Ses cheveux étaient légèrement soufflés par le vent. Elle me parlait le plus naturellement du monde, je l'écoutais comme si je la connaissais depuis toujours. Puis nous avons commencé à rire des passants qui nous tombaient sous les yeux. Nous les trouvions plus affreux les uns que les autres. Leur démarche était l'objet de nos sarcasmes. Je prenais soudain conscience que cette femme était celle que j'attendais depuis si longtemps. Je l'ai appelée par son prénom, je l'ai regardé droit dans les yeux, puis j'ai dirigé ma bouche vers son cou. Elle s'est laissée faire, alors j'ai posé mes lèvres sur sa bouche.

 

Je dois vous parler du bien et du mal. Je vais donc vous raconter comment nous nous sommes fait du bien.

 

Nous nous sommes embrassés fougueusement, nous nous sommes serré dans les bras. Je l'ai prise par la main et je lui ais demandé de me suivre. Je l'ai entrainé vers un endroi buissoneu. Elle m'a suivi en souririant. Nous nous sommes cachés derrière les buissons et nous avons commencé à nous désabiller mutuellement, à nous caresser et à nous embrasser. Puis la suite, c'est une ile de plaisir au milieu de ce parc.

 

Il n'y a rien de mal dans tout cela à mon avis mais ce n'est pas forcément l'avis des honnêtes gens. Le raconter leur paraîtra osé, et toute la sainte famille s'offusquera que nous ayons fait cela dans un parc. Mais je n'ai pas fini.

 

Nous avions pris l'habitude de nous retrouver dans ce parc. Un jour que nous mélions nos corps, deux hommes nous ont surpris. J'ai immédiatement eu le réflexe de me rapprocher de ma veste qui contenait mon cran d'arrêt. Elle s'est saisi de son sac à main. Les deux hommes défaisaient leur braguette comme si nous les avions invité. J'ai empoigné mon couteau et je n'ai pas menacé. Le ventre du premier a saigné sous mon attaque. J'allais pour régler le compte du deuxième quand un objet s'est planté dans sa gorge. J'ai regardé Patricia, elle avait encore le bras tendu. Je lui ais dit que je ne la croyais pas capable d'une chose pareille. « Tu me sous estime, m'a-t-elle répondu ». Elle s'est levée et s'est dirigée vers l'éventré qui gémissait. « Qu'est-ce qu'on va en faire maintenant, ais-je demandé ». « On va lui couper les couilles, s'est-elle exclamé ». Alors je me suis penché sur l'homme, j'ai baissé son pantalon et j'ai fait ce qu'elle désirait.

 

Nous avons eu du mal à faire disparaître les corps, mais c'est au moins une chose de bien que nous avons faite.

 

Un soir, nous nous étions enfermés chez moi pour trouver une meilleure intimité. Après nous être tendrement servis mutuellement, nous avons commencé à discuter. D'abord nous avons parlé de ses études qui finissaient, puis brusquement elle m'a demandé « ça t'as plu ? ». Je l'ai regardé dans les yeux et je lui ais déclaré ma flamme. « Je sais que tu m'aime Honnoré, je te demande si ça t'as plu ce que nous avons fait dans le parc. » J'ai d'abord été surpris puis je lui ais avoué que j'y avais pris un certain plaisir. « Moi aussi, a-t-elle dit ».

 

Nous avons discuté un moment pour savoir comment nous pourrions trouver d'autres candidats. Ils étaient peu probable que nous arrivions à prendre au piège d'autres violeurs, et Patricia ne voulait pas s'en prendre au tout venant. Alors je lui ais raconté mon rêve où je rencontrais Vautrin. « Tu sais, je crois que c'est ça la solution, m'a-t-elle dit, il faut choisir ce qu'il y a de plus monstrueux et qui peut se trouver partout ». « Tu veux dire ? Qui ? ».  « Les dirigeants, les puissants ».

 

Nous avons eu bien du mal à nous touver une victime. Finalement Patricia a choisi un élu de grosse envergure physique, qui était connu pour sa mysoginie et ses prises de position en faveur de l'assassin d'une prostituée. Elle s'était renseignée sur ses allées et venues. Nous n'aurions aucun mal à le coincer. Nous nous sommes préparés pendant plusieurs semaines, puis nous l'avons attendu.

 

Peut-être à ce stade au je vous parle de notre manière de nous faire du bien en faisant le mal, accepterez vous que je suis en train d'évoquer le bien et le mal. Peut-être serez vous déçus parce que je ne vous donne aucune indication sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, aucune justification de nos actes, me contentant de les décrire. Et bien peu importe. Entendez la suite.

 

Nous l'avions enfermé dans une petite pièce. Il était attaché par les mains et par les pieds.

« J'ai envie de le tuer celui-là, ais-je déclaré à Patricia ».  « T'as raison, il est en position de faiblesse, ça ne me plait pas à moi non plus. On va se contenter de lui foutre la trouille de sa vie, m'a-t-elle répondu ». Cela me plaisait bien. Je l'ai entrainé dans notre chambre pour discuter des modalités de cette entreprise. Nous n'avions pas prévu cette situation.

 

Nous l'avons transféré quelques temps dans une cave afin de re concevoir la pièce d'enfermement. Nous l'avons décorée de motifs psychédéliques et insonnorisée. Une pendule dont le balancier fontionnait indiquait midi en permanence. La lumière s'étaignait et se ralumait toutes les quatres heures. La chaleur était maintenue à une dizaine de degrès celcius. Une fois les travaux terminés, nous l'avons remis dans la pièce. L'homme eu l'ai surpris. « Elle te plait pas ta chambrette mon mignon, lui a lancé Patricia ». « Vous êtes des fous, a répondu l'homme en bégayant et en transpirant ». « Vas-y rentre dans la piole, on va s'occuper de toi mon lapin, s'est-elle exclamé ». L'homme est rentré dans la pièce et s'est fixé au milieu, bras balants sur le corps. Patricia a pointé son révolver sur lui et lui a ordonné « tourne toi un peu ma beauté qu'on puisse voir ton cul. » « Je ne sais pas qui vous êtes mais sachez que vous risquez gros, je suis un élu du peuple et la république ne laissera pas ce crime impuni, a déclaré l'homme sur un ton mi scandalisé mi terrorrisé. »

 

Ce que nous lui avons fait subir pendant plusieurs semaines relève sans aucun doute de la torture psychologique. Cela est une chose affreuse pour beaucoup d'entre vous mais je dois dire que pour mon compte, j'y ai tiré une grande satisfaction. Plus tard, nous avons renouvelé l'expérience, nous avons même partagé les testicules d'une de nos victimes qui était impliquée dans le viol d'une de ses employées.

 

Et la vérité c'est qu'on ne me poursuit pas parce que j'ai tué ou sadisé des hommes mais parce que j'ai renversé la peur. Mon plus grand crime est d'avoir choisi a ceux qui ont prétenduement pour mission de faire respecter nos droits et notre intégrité. Parfois certains d'entre eux ne se cachent même pas lorsqu'ils tentent de limiter les droits et les libertés du peuple, mais au moment de finir leurs jours, ils n'ont pas d'autres mots que le droit et la liberté. Ce sont de grands humanistes dans des circonstances où leur propre vie est en jeu. Certains dirons que je suis mal placé pour donner des leçon à d'autres au sujet du respect de la vie humaine. Je n'ai pas de respect forcé pour elle, parce que justement, je suis un humaniste. Mais l'humanité n'est pas ces quelques hommes sans aucune compassion pour leurs semblables. Ce qu'ils font subir chaque jour et incomparable en monstruosités à tout ce que j'ai pu faire supporter à quelques un d'entre eux. Leur violence est criminelle mais elle se déguise avec des palais de justice, des parlements et des édifices religieux. Moi je fais les choses sans me cacher et je n'ai aucune honte à y prendre plaisir. Mais mon seul véritable orgasme a toujours été pour Patricia. Savourer la chair d'un monstre n'est jamais aussi succulent que d'avoir son aimée dans la bouche ou d'être dans la sienne.

 

Je ne pourrais pas définir avec certitude dans quel sens je suis un apôtre du mal ou de quelle manière j'agis pour amour du bien. Vous voyez que dans ce que je vous raconte, il y a une certaine confusion entre les notions de l'un et de l'autre. Je fais le mal parce que je leur reproche de ne pas faire le bien. N'est-ce pas ce qu'ils font eux-même lorsqu'ils condamnent un homme ou une femme à des conditions de détention précaires parce qu'ils lui reprochent d'avoir offensé les lois qui prétendent nous apprendre ce qu'il est bien de faire ou de ne pas faire ? En cela certains diront que je ne suis pas différent de ces hommes. Pourtant je crois qu'il n'en est rien. Toute mon empathie va pour mes semblables qui vivent l'enfer chaque jour sur cette terre.

 

D'autres diront que je ne suis pas un révolutionnaire. Peu m'importe en fait de me voir ou non qualifier de la sorte. Etre un révolutionnaire sans révolution ne me parrait pas être d'un grand interet. Et comment une révolution peut-elle être une rupture sans être totalemen différente du moment auquel elle souhaite accéder si ce doit être un monde de paix ? Qui peut vraiment croire que la bande d'étrangleurs sanglants qui dirigent la planéte et leurs supplétifs mandatés aux massacres ont l'intention de respecter la décision des peuples et de laisser les choses évoluer ou changer brutalement dans la douceur ? Mais ce qui fait que certains disent que je ne suis pas un révolutionnaire est que j'emploie des moyens qui sont étrangers aux valeurs de la révolution. Je ne la fais pas. J'accorde la vengeance dans ce monde dans lequel il faut survivre chaque matin avec ou sans être en accord avec sa conscience.

 

Par Léopold Fidel Privares - Publié dans : Diverses diversions - Communauté : Survitualisme
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 9 octobre 2008

La Cigale, cela est vrai, avait chanté tout l'été,

mais connaissez vous vraiment l'histoire du différent,

qui l'opposait à la Fourmie ?

 

La Fourmie qui travaillait dur,

allait le soir, se divertir,

au cabaret de la Cigalle,

celle-ci qui avait bon coeur,

ne faisait pas payer l'entrée,

chaque soirée de l'été,

la Fourmie a dansé,

au son du violon de la Cigale.

 

A la fin du spectacle,

la Cigalle demandait à qui le voulait,

de donner ce qui lui plaisait,

elle gagnait sa vie comme ça,

toute la journée elle répettait,

pour faire danser toute la nuit,

quelques heures à peine,

elle s'endormait d'un profond sommeil,

dès qu'elle se réveillait elle se mettait à travailler.

 

Des jaloux commençaient à médire,

que la Cigale passait ses journées à ne rien faire,

exaspérée, elle décida de ne plus jouer la nuit,

mais les mauvaises langues prennaient de la voix,

et elles firent voter des lois,

on l'envoya chez la Fourmie,

jouer du violon pour son plaisir,

et la Fourmie était bien contente,

d'avoir de la musique en travaillant.

 

La Cigale vivait chichement,

mais pas forcément plus mal qu'avant,

c'était sa liberté qui lui manquait le plus,

un jour l'hivers venant la Fourmie acheta une télé,

et mis la Cigale à la porte.

 

Alors la Cigale partit dans les rues,

pour vivre de mendicité,

mais les salauds de vrais jaloux,

firent voter de nouvelles lois,

pour l'empêcher de faire la manche.

 

L'hivers était là,

et la Cigale avait froid,

elle retourna chez la Fourmie,

pour lui demander l'hospitalité,

mais elle qui en avait bien profité,

ne voulait pas de solidarité,

et elle lui dit d'aller danser.

Par Léopold Fidel Privares - Publié dans : Pô et Zie - Communauté : statut de l'artiste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 octobre 2008

Fallait-il enfermer et soigner Balzac ?


Note : veuillez noter que pour la sonorité l'auteur a fait varier les temps à desssein.

 

Je suis Honnoré de Sinski, saigneur des maîtres de ce monde, idolatre de la destruction. On me pourchasse pour mes crimes et pour mes larçins, mais ne suis-je pas un fils de la violence de notre société ? Comment une mère peut-elle persécuter ses propres enfants ? J'ai enfanté le meutre des dirigeants abjects pour donner une descendance à ceux qui meurrent chaque jour d'avoir offensé les Rois. J'ai dépouillé le richissime pour donner chaleur aux crève la faim. Cependant, on fait de moi un vulgaire bandi parce que j'ai commencé par accomplir de petites oeuvres basses.

 

Voyez, à l'âge de mes seize ans, je n'étais qu'un lycéen sans consistance. Aujourd'hui j'en ais soixante quatre et je voudrais vous raconter une partie de la vérité.

 

Un soir que je revenais d'un de mes chantiers nocturnes, dans une rue sodide, j'ai apperçu une vieille femme dormant sur un carton. Je n'étais alors qu'un brigand de petite envergure et j'ai d'abord cru voir une source de revenus envisageable. Je m'approchais pour la faire mais plus je la dévisageais, moins elle me semblait étrangère. Son visage avait quelque ressemblance avec celui d'un passé agréable. L'obscurité ne me laissait quelques vagues souvenirs de ce que j'apercevais devant les yeux de ma mémoire. Un sentiment de familiarité me traversais. Soudainement j'ai fait demi tour, incapable de me confronter à la sordide réalité. Puis je suis rentré chez moi, sans passer par mes habitudes.

 

Les jours suivants, je suis resté devant mon cendrier, en compagnie de mon tabac. Je ne me suis pas habillé, ni lavé. Je n'avais qu'un vague souvenir de ce que j'avais vu, mais j'étais comme lessivé, miné, sans aucune envie d'en finir avec la mort. Un soir je me suis endormi et mon sommeil m'a emporté.

 

J'entendais frapper à ma porte. Je me levais difficilement. Rassemblant toutes mes forces, je me dirigeais vers l'ouvreuse. Je l'ai manipulée et à mesure que j'écartais la planche, je voyais un homme apparaître. J'ai pensé immédiatement que c'était Vautrin qui venait pour me coffrer. C'était bien lui, mais il n'était pas venu pour ça. Non, il voulait me parler.

 

Il s'est assi derrière la petite table comme s'il était chez lui alors que je refermais la porte. Je me suis senti hésitant. Vidé de mes forces, je ne me sentais pas capable d'affronter sa nature. Alors je me suis posé en face de lui.

 

Il m'a demandé si je savais qui il était et je luis ais répondu qu'il était « le chef des flics ». « Non, a-t-il laché, je suis de la littérature, de celles qui se fichent des conventions bourgeoises ». Je ne savais que trop penser de cette réponse aussi j'ai attendu qu'il s'adresse à moi de nouveau. Il me regardait fixement, je dois dire que cela m'a dérangé. Il a ouvert la bouche et j'ai entendu ses mots : « Je suis l'oeuvre d'un fou, d'un maniaque, d'un homme qui se procurait ce qu'il lui fallait avec de l'argent qu'il n'avait pas, comme nous, qui venons de la cour des miracles, cet homme a voulu que je sois criminel comme notre dieu qui nous tue à tord et à travers. Comme toi, mais toi, que fais tu de ta manie ? N'a tu d'autres plaisirs que tes maigres larcins et tes filles de complainte ? »

« Celui qui m'a fait était de ceux qu'on enferme aujourd'hui dans les hôpitaux psychiatriques et que l'on condamne à la tutelle. De ceux que l'on pique, que l'on maîtrise, qu'on assasine par overdose de produits chimiques médicaux. »

« Je suis le chef de la sureté, mais n'oublie pas que tout est question de circonstances et ce soir je suis venu te montrer la voie de ton destin. »

 

J'étais comme subjugué. Je ne bougeait plus. J'aurais voulu me tirer de là mais je savais qu'il ne me permetterais pas de m'enfuir. Ni de lui couper la parole. Oui, je voulais entendre, cependant j'avais du mal à supporter cela.

 

« Tu es voué à devenir créateur de l'art des crimes de ton existence. Celui qui m'a fait a voulu que je dénonce la bonne conscience des honnêtes gens et toi tu sais bien qu'il ne sont pas moins criminels que nous autres. Tu vois comme ils font lire mes biographies dans les écoles, et comme ils apprennnent à leurs jeunes otages à haïr les semblables de l'auteur de ma vie. Comme ils forment dans ces lieux des bons médecins pour enfermer les fous, et des juges pour tutelliser les prodigues. »

« La prodiguialité de celui qui m'a créé a forgé mon tempérament. Son génie ne serait jamais sortit de l'ombre sans ces quelques fortunes qu'il n'a jamais possédé. Comme toi et moi c'était un criminel, mais toi tu seras un artiste du crime. »

« Et offre moi donc un bon café, que je me souvienne comme il en buvait. » 

 

Je mis quelques temps avant de réaliser ce qu'il me demandait. Alors lentement je me suis levé, pas sans une certaine inquiétude.

 

« Je vois que tu as peur, mais ne t'inquiéte pas, je ne souhaite pas devenir ton ami. Nos amitiés ne mélangerons pas nos deux corps et tu ne sera pas ma belle de ce soir. »

« Peut-être devrait penser que le crime est une oeuvre, que le criminel est un artiste. L'artiste est un criminel, un artiste fait de bonne conscience ne relève pas l'art jusqu'au sublime. Et toi, si tu veux toucher à la grandeur, tu dois devenir un véritable artiste. »

« Mais vois tu ces bons docteurs ? Comment même en étant le chef de la sureté, pourrais-je leur accorder du cédit ? S'ils avaient embastillé l'écrivain de mes nuits, je ne pourrais pas leur accorder ma protection. »

« D'ailleurs, je te l'ai dit, il n'y a que des circonstances, et en celle-ci je veux faire de toi l'artisan de leurs cauchemards. »

 

J'ai rempli sa tasse d'un café noir. Il le bu d'un coup sec. « Un autre ! Je veux ruiner ma santé, elle est déjà bien trop fragile pour que je la laisse durer plus longtemps. »

 

« Ne vois tu pas ces dirigeants serviles, qui ajoutent l'argent des miséreux à la richesse des puissants ? Je n'ai jamais refusé l'argent d'une veuve mais comme celui qui a écrit ma vie j'ai toujours voulu la gloire. Ce ne sont pas les maigres économie de l'orphelin qui me l'ont apportée. Et je sais que toi tu désire quelque chose de plus splendide. »

 

Je me rassayé en face de lui. Il laissa passer un momment avant de reprendre la parole.

 

« Tu n'a pas rempli ma tasse ! Laisse donc je vais me servir ! »

« Ne vois tu pas comme ils veulent emprisonner les muses de nos artistes. Comme ils chassent ce crime qui fait la richesse de ma littérature. Pourquoi certains ont-ils peur de l'amalgame entre le crime et la folie ? La folie est une chose naturelle alors que le crime est défini par les Hommes. Et cet amalgame ne serait-il pas le plus beau du monde ? Le criminel est peut-être un fou qui donne l'inspiration à d'autres fous qui font de l'art un crime de lèse majesté. Toi tu lèseras les tyrans, libérera les muses des artistes des prisons dans lequelles elles croupissent. »

 

Plus le temps passait, plus j'étais fasciné par cet homme. Je prenais conscience de ce qu'il étai venu me révéler. Mais il n'avait pas finit, et je continuais à écouter.

 

« Victor Hugo disait que l'artiste qui a créé mon corps était un révolutionnaire. Mais moi je suis l'opportun des circonstances. Et toi, ne vois tu pas ces juges qui veulent criminaliser la verve. Les artistes peuvent-ils encore créer des crimes sublimes s'ils doivent se plier aux codes. Comment celui qui a pensé ma vie aurait-il pu libérer sa verve si on l'avait embastillé dans une prison, dans hôpital ou dans une tutelle ? N'aurait-il pas perdu sa muse que d'être enfermé dans le code pénal ou le code civil ? »

« Ne vois tu pas ce Roi d'Espagne avilit par le chocolat ? S'il ne connais pas la justice c'est qu'il ne sait point fumer comme toi. Mais tu devrais penser de ne pas laisser se consummer le feu de ta justice sans avoir eu recours à la plus grande des noblesses. Le sentiment de vouloir enfanter une oeuvre qui fasse de ta vie le roman d'un révolté. Comme celui qui me conçu le fit dans sa folie. »

« Je t'ai assez parlé pour aujourd'hui, mais je ne pense pas qu'on se reverra ».

 

Il se leva. Il s'approcha de moi et me décrocha un coup sec sur la machoire.

 

Je me réveillait en sursaut. La pièce était vide. Ma machoire était intacte. J'avais révé mais je savais que je voulais faire de ce rêve le cauchemard des tyrans.

Par Léopold Fidel Privares - Publié dans : Les grand(e)s de ce monde - Communauté : Survitualisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 octobre 2008

On boit, on fume,

on fait la fête, on s'fait des bouffes,

on picole, on clope,

on boit du café sucré,

on lit, on écrit, on bricole,

on se sur'mène, on se malmène,

c'est certain, de tout ça on va crever,

alors on en profitera pour s'reposer.

 

On n'est pas presser d'y arriver,

mais faudra bien mourir un jour,

tôt où tard tou'le mond' y passe,

faudra y'aller à notre tour.

 

On dit pas qu'on voudra passer,

au moment de tout laisser,

mais vu qu'on est déjà des macabés,

on r'pens'ra qu'on est bien morts,

en s'amusant de notre vie,

à mourir un peu chaque jour,

pour l'amour à plein régime,

et la folie sans états d'âmes.

 

C'est nous les joyeux macabés,

on crève ici sous d'autres cieux,

on vit vers la mort sans s'inquiéter,

la liberté nous fait bouffer,

notre pain nous c'est notre liberté,

on marche de vive allure,

dans les deserts des mégapoles,

nous trouvons notre bonheur,

dans les révolutions des sans culottes,

et les substances de nos consciences.

 

C'est nous les cadavres du malheur,

c'est nous les refroidis de cet enfer,

c'est nous les joyeux macabés,

nous voulons vivre jusqu'à dérouiller,

et vivre heureux sans oublier,

le bonheur jusqu'au dernier soufle.

 

Pas tou'd'suite,

mourir joyeus'ment ça prend du temps,

on aura p't'être un peu d'retard,

on p'têt même un peu d'avance,

mais c'est certain ça va venir,

en f'sant ça en s'amusant,

sans oublier d'y être heureux,

on deviendra des macabés,

on en profit'ra pour s'reposer.

 

PS : Si ça t'as la mauvaise idée de vouloir essayer l'héroïne ou la cocaïne, il y a une meilleure défonse, c'est l'attaque ! Et avec l'alcool ne pas devenir dépendant c'est pas des conneries. Parce que là, j'ai bien peur que tu doive te gratter pour le bonheur en attendant d'y passer...

 

Par Léopold F. Privares - Publié dans : Pô et Zie - Communauté : Survitualisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 octobre 2008

Il n'y a pas un jour qui passe sans qu'on nous soulève une injustice. Et on est un peu comme les gosses à qui on rabache qu'on doit bouffer la merde de la cantine parce que il y a des petits africains qui meurent de faim. Faut douter que toutes ses dénonciations outrée des saloperies qu'on fait au genre humain et aux autre espèces animales n'est d'autre objet que de nous culpabiliser pour bien nous enmoutoner. C'est toujours bien ce qu'on vit et quoi qu'on vive parce que il y en a toujours qui sont plus malheureux que nous. On a pas froid quand il n'y a pas de chauffage chez nous parce qu'il y en a qui ont pas de chez eux. On nous racket pas sur le tabac parce qu'il y en a qui meurent du cancer. On doit bouffer des OGM parce que les éthiopiens n'ont rien à manger. C'est génial de faire huit mois d'Hôpital Psychiatique parce qu'il y en a qui n'ont pas la sécu. Le SMIC c'est suffisant pour vivre parce qu'il y en a qui on que le RMI. C'est déjà bien d'avoir le RMI parce qu'il y a des gens qui bossent et qui n'ont pas de logement. Faut pas se révolter parce qu'il y en a qui n'ont pas le droit de vote. C'est bien d'avoir un patron parce qu'il y en a qui sont au chômage. ETC... A chaque fois qu'une nouvelle injustice est sortie de l'ombre, c'est toujours pour qu'elle vienne agrémenter l'argumentaire de notre domination. Dans le cadre du totalitarisme démocratique, le listage des injustices est une aubaine pour dresser les gens les uns contre les autres. Et avec cette liste embrouillée d'injustice qui doivent provoquer notre auto discipline et notre servitude volontaire, on arrive même à mettre Paris, Lyon et Marseille dans la même bouteille. Parce que si les gens faisaient ça, et si tout le monde disait cela, et si chacun fasait pareil. Avec tous ces « si », on peut bien mettre trois villes dans une seule bouteille...

Par Léopold F. Privares - Publié dans : Diverses diversions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le blog survitualiste du survitualisme
  • survitualisme
  • : Loisirs
  • : Le mouvement survitualiste naissant s'expime ici dans sa plus précaire construction. Le survitualisme se décline en virtuel, ici et maintenan : sur la toile (de fond).;;
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus