Moi, Honnoré de Sinski, malsaint de corps et d'esprit, je ne jure rien du tout devant Dieu, mais promet de vous dire la vérité. Je vous ais raconté comment, en rêve, j'ai rencontré Vautrin, l'ancien de la cour des miracles devenu chef de la sureté, personnage de Balzac. Je voudrais cette fois ci m'adresser à vous au sujet de la question du bien et du mal.
Lorsque j'avais une trentaine d'année, j'ai fait la connaissance d'une jeune femme. C'était une petite brune qui faisait des études de criminologie et qui venait terminer sagement sa journée dans le bistrot où j'avais quelques habitudes.
Je la voyait, depuis le comptoir, s'assoir à la table du fond et poser ses classeurs sur le bord gauche. Souvent je jetais un oeil pour l'osbserver. J'admirais sa chevelure qui tombait gracieusement sur ses épaules, puis mon regard déscendait sur sa poitrine où deux petites dunes perçaient sous son pul de laine. Je remontais et je voyais deux grands yeux bleus.
Un jour que je fixais ses yeux, elle tourna son regard vers moi. Elle me sourit aussi je lui rendis la pareille. Avant qu'elle ne décroche son regard, je m'approchait d'elle et je lui demandais si je pouvais lui tenir compagnie. Elle rembala ses classeurs et m'invita à m'assoir. Je me présentais et lui suggérais de le faire à son tour. Elle s'appelait Patricia, elle était étudiante, comme je vous l'ais déjà dit. Elle venait donc là pour étudier ses cours.
Vous vous demandez très certainement quel rapport peut-il bien y avoir entre cette rencontre et le bien, le mal, la morale. A ce stade beaucoup trouverons que tout cela est bien loin d'être digne du marquis de Sade. Ce qui est bien vrai car si je suis malsain, je ne crois pas être Sadique avec les femmes. Mais d'autres personnes trouverons que ma description, anodine au deumeurant, relève de l'immoralité. Pourtant qu'y a-t-il d'immoral dans tout ça ?
Quelques jour plus tard, je la renontrais à nouveau dans un parc où elle était venu pour se reposer. Je ne l'ai pas vu le premier, c'est elle qui s'est approchée de moi. Nous nous sommes salués et avons été nous assoir sur un petit rebord. Je sentais son parfum agréable. Ses cheveux étaient légèrement soufflés par le vent. Elle me parlait le plus naturellement du monde, je l'écoutais comme si je la connaissais depuis toujours. Puis nous avons commencé à rire des passants qui nous tombaient sous les yeux. Nous les trouvions plus affreux les uns que les autres. Leur démarche était l'objet de nos sarcasmes. Je prenais soudain conscience que cette femme était celle que j'attendais depuis si longtemps. Je l'ai appelée par son prénom, je l'ai regardé droit dans les yeux, puis j'ai dirigé ma bouche vers son cou. Elle s'est laissée faire, alors j'ai posé mes lèvres sur sa bouche.
Je dois vous parler du bien et du mal. Je vais donc vous raconter comment nous nous sommes fait du bien.
Nous nous sommes embrassés fougueusement, nous nous sommes serré dans les bras. Je l'ai prise par la main et je lui ais demandé de me suivre. Je l'ai entrainé vers un endroi buissoneu. Elle m'a suivi en souririant. Nous nous sommes cachés derrière les buissons et nous avons commencé à nous désabiller mutuellement, à nous caresser et à nous embrasser. Puis la suite, c'est une ile de plaisir au milieu de ce parc.
Il n'y a rien de mal dans tout cela à mon avis mais ce n'est pas forcément l'avis des honnêtes gens. Le raconter leur paraîtra osé, et toute la sainte famille s'offusquera que nous ayons fait cela dans un parc. Mais je n'ai pas fini.
Nous avions pris l'habitude de nous retrouver dans ce parc. Un jour que nous mélions nos corps, deux hommes nous ont surpris. J'ai immédiatement eu le réflexe de me rapprocher de ma veste qui contenait mon cran d'arrêt. Elle s'est saisi de son sac à main. Les deux hommes défaisaient leur braguette comme si nous les avions invité. J'ai empoigné mon couteau et je n'ai pas menacé. Le ventre du premier a saigné sous mon attaque. J'allais pour régler le compte du deuxième quand un objet s'est planté dans sa gorge. J'ai regardé Patricia, elle avait encore le bras tendu. Je lui ais dit que je ne la croyais pas capable d'une chose pareille. « Tu me sous estime, m'a-t-elle répondu ». Elle s'est levée et s'est dirigée vers l'éventré qui gémissait. « Qu'est-ce qu'on va en faire maintenant, ais-je demandé ». « On va lui couper les couilles, s'est-elle exclamé ». Alors je me suis penché sur l'homme, j'ai baissé son pantalon et j'ai fait ce qu'elle désirait.
Nous avons eu du mal à faire disparaître les corps, mais c'est au moins une chose de bien que nous avons faite.
Un soir, nous nous étions enfermés chez moi pour trouver une meilleure intimité. Après nous être tendrement servis mutuellement, nous avons commencé à discuter. D'abord nous avons parlé de ses études qui finissaient, puis brusquement elle m'a demandé « ça t'as plu ? ». Je l'ai regardé dans les yeux et je lui ais déclaré ma flamme. « Je sais que tu m'aime Honnoré, je te demande si ça t'as plu ce que nous avons fait dans le parc. » J'ai d'abord été surpris puis je lui ais avoué que j'y avais pris un certain plaisir. « Moi aussi, a-t-elle dit ».
Nous avons discuté un moment pour savoir comment nous pourrions trouver d'autres candidats. Ils étaient peu probable que nous arrivions à prendre au piège d'autres violeurs, et Patricia ne voulait pas s'en prendre au tout venant. Alors je lui ais raconté mon rêve où je rencontrais Vautrin. « Tu sais, je crois que c'est ça la solution, m'a-t-elle dit, il faut choisir ce qu'il y a de plus monstrueux et qui peut se trouver partout ». « Tu veux dire ? Qui ? ». « Les dirigeants, les puissants ».
Nous avons eu bien du mal à nous touver une victime. Finalement Patricia a choisi un élu de grosse envergure physique, qui était connu pour sa mysoginie et ses prises de position en faveur de l'assassin d'une prostituée. Elle s'était renseignée sur ses allées et venues. Nous n'aurions aucun mal à le coincer. Nous nous sommes préparés pendant plusieurs semaines, puis nous l'avons attendu.
Peut-être à ce stade au je vous parle de notre manière de nous faire du bien en faisant le mal, accepterez vous que je suis en train d'évoquer le bien et le mal. Peut-être serez vous déçus parce que je ne vous donne aucune indication sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, aucune justification de nos actes, me contentant de les décrire. Et bien peu importe. Entendez la suite.
Nous l'avions enfermé dans une petite pièce. Il était attaché par les mains et par les pieds.
« J'ai envie de le tuer celui-là, ais-je déclaré à Patricia ». « T'as raison, il est en position de faiblesse, ça ne me plait pas à moi non plus. On va se contenter de lui foutre la trouille de sa vie, m'a-t-elle répondu ». Cela me plaisait bien. Je l'ai entrainé dans notre chambre pour discuter des modalités de cette entreprise. Nous n'avions pas prévu cette situation.
Nous l'avons transféré quelques temps dans une cave afin de re concevoir la pièce d'enfermement. Nous l'avons décorée de motifs psychédéliques et insonnorisée. Une pendule dont le balancier fontionnait indiquait midi en permanence. La lumière s'étaignait et se ralumait toutes les quatres heures. La chaleur était maintenue à une dizaine de degrès celcius. Une fois les travaux terminés, nous l'avons remis dans la pièce. L'homme eu l'ai surpris. « Elle te plait pas ta chambrette mon mignon, lui a lancé Patricia ». « Vous êtes des fous, a répondu l'homme en bégayant et en transpirant ». « Vas-y rentre dans la piole, on va s'occuper de toi mon lapin, s'est-elle exclamé ». L'homme est rentré dans la pièce et s'est fixé au milieu, bras balants sur le corps. Patricia a pointé son révolver sur lui et lui a ordonné « tourne toi un peu ma beauté qu'on puisse voir ton cul. » « Je ne sais pas qui vous êtes mais sachez que vous risquez gros, je suis un élu du peuple et la république ne laissera pas ce crime impuni, a déclaré l'homme sur un ton mi scandalisé mi terrorrisé. »
Ce que nous lui avons fait subir pendant plusieurs semaines relève sans aucun doute de la torture psychologique. Cela est une chose affreuse pour beaucoup d'entre vous mais je dois dire que pour mon compte, j'y ai tiré une grande satisfaction. Plus tard, nous avons renouvelé l'expérience, nous avons même partagé les testicules d'une de nos victimes qui était impliquée dans le viol d'une de ses employées.
Et la vérité c'est qu'on ne me poursuit pas parce que j'ai tué ou sadisé des hommes mais parce que j'ai renversé la peur. Mon plus grand crime est d'avoir choisi a ceux qui ont prétenduement pour mission de faire respecter nos droits et notre intégrité. Parfois certains d'entre eux ne se cachent même pas lorsqu'ils tentent de limiter les droits et les libertés du peuple, mais au moment de finir leurs jours, ils n'ont pas d'autres mots que le droit et la liberté. Ce sont de grands humanistes dans des circonstances où leur propre vie est en jeu. Certains dirons que je suis mal placé pour donner des leçon à d'autres au sujet du respect de la vie humaine. Je n'ai pas de respect forcé pour elle, parce que justement, je suis un humaniste. Mais l'humanité n'est pas ces quelques hommes sans aucune compassion pour leurs semblables. Ce qu'ils font subir chaque jour et incomparable en monstruosités à tout ce que j'ai pu faire supporter à quelques un d'entre eux. Leur violence est criminelle mais elle se déguise avec des palais de justice, des parlements et des édifices religieux. Moi je fais les choses sans me cacher et je n'ai aucune honte à y prendre plaisir. Mais mon seul véritable orgasme a toujours été pour Patricia. Savourer la chair d'un monstre n'est jamais aussi succulent que d'avoir son aimée dans la bouche ou d'être dans la sienne.
Je ne pourrais pas définir avec certitude dans quel sens je suis un apôtre du mal ou de quelle manière j'agis pour amour du bien. Vous voyez que dans ce que je vous raconte, il y a une certaine confusion entre les notions de l'un et de l'autre. Je fais le mal parce que je leur reproche de ne pas faire le bien. N'est-ce pas ce qu'ils font eux-même lorsqu'ils condamnent un homme ou une femme à des conditions de détention précaires parce qu'ils lui reprochent d'avoir offensé les lois qui prétendent nous apprendre ce qu'il est bien de faire ou de ne pas faire ? En cela certains diront que je ne suis pas différent de ces hommes. Pourtant je crois qu'il n'en est rien. Toute mon empathie va pour mes semblables qui vivent l'enfer chaque jour sur cette terre.
D'autres diront que je ne suis pas un révolutionnaire. Peu m'importe en fait de me voir ou non qualifier de la sorte. Etre un révolutionnaire sans révolution ne me parrait pas être d'un grand interet. Et comment une révolution peut-elle être une rupture sans être totalemen différente du moment auquel elle souhaite accéder si ce doit être un monde de paix ? Qui peut vraiment croire que la bande d'étrangleurs sanglants qui dirigent la planéte et leurs supplétifs mandatés aux massacres ont l'intention de respecter la décision des peuples et de laisser les choses évoluer ou changer brutalement dans la douceur ? Mais ce qui fait que certains disent que je ne suis pas un révolutionnaire est que j'emploie des moyens qui sont étrangers aux valeurs de la révolution. Je ne la fais pas. J'accorde la vengeance dans ce monde dans lequel il faut survivre chaque matin avec ou sans être en accord avec sa conscience.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
